Voter à gauche

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Capri, c'est fini

Il faut savoir arrêter un site militant. On aura un peu de mal à dire "mission accomplie", malgré la petite surprise des législatives, mais cela ne gâchera pas le souvenir de cette campagne et de tous ces billets écrits, souvent de bonne foi, parfois un peu moins.

Laissons donc au peuple de gauche le temps de se remettre de la baffe, surveillons notre nouveau gouvernement d'ouverture avec minorités visibles et vraies gens de gauche, et surtout.... partons en vacances, enfin pour ceux qui peuvent.

A une autre fois... ou pas.

La gauche n'a pas perdu la bataille des idées

"La gauche a perdu la bataille des idées"... voilà un refrain qu'on entend beaucoup, beaucoup, depuis la fin de la présidentielle. Incapable de "rénover" son corpus idéologique, la gauche (archaïque, forcément archaïque) aurait été vaincue par la "droitisation" du pays finement anticipée par un Sarkozy dorénavant hégémonique. Sombre tableau... Personnellement, je dois dire que ce type de discours commence à me courir, d'abord parce qu'il relance une énième fois un énième débat creux sur la "modernité"/"non modernité" de la gauche (le terme de "modernité" n'étant évidemment pas explicité dans ce type d'énoncés), et surtout parce qu'il masque la vraie bataille, bien perdue celle-là. Pour le dire de façon abrupte, ce n'est pas d'idées "modernes" dont la gauche a manqué (il y en a à profusion), mais de deux choses : un appareil partisan discipliné et mobilisateur d'une part, et un appareil puissant de maîtrise des flux de communication et de traduction des dites idées.

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"La franchise, c'est de l'hypocrisie"

Injuste et inefficace : le débat sur le système de franchises sur les soins que le gouvernement Fillon veut instaurer est loin d'être clos. Martin Hirsch, qui a accepté d'être solidaire de la politique gouvernementale, va rapidement être mis devant ses propres contradictions tant le système proposé est contradictoire avec ses propres recommandations en matière de santé et de lutte contre la pauvreté.

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Renoncement, par Bernard Kouchner

Je sais que certains de mes amis me reprochent ce nouvel engagement. A ceux-là, je réclame crédit : mes idées et ma volonté restent les mêmes. S'ils me prennent un jour en flagrant délit de renoncement, je leur demande de me réveiller.

Il faut lire la courte tribune de Bernard Kouchner dans Le monde. Il y explique simplement pourquoi il a accepté : la politique extérieure n'est ni de droite ni de gauche ; c'est en homme libre et déterminé qu'il accepte sans renier ses engagements socialistes ni ses idéaux de solidarité. Qu'on le juge sur les résultats.

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Dicton du jour : 6 mai au tocsin, législatives en juin

Alors que ce qu'on pensait être une gueule de bois s'est plutôt transformé en maladie du sommeil, l'enjeu des législatives se rapprocherait dans une atmosphère de résignation. C'est du moins le point de vue de certains politologues. La stratégie de Sarkozy pour démobiliser les partis de gauche semble porter ses fruits. Mais prenons un peu de hauteur et rappelons-nous que le Parlement que nous allons élire va légiférer jusqu'en 2012.

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Un nouveau concept : le gouvernement-pétaudière

Depuis l'annonce de la composition de la gouvernement à 10h ce matin, mon poste de télévision n'a cessé de retentir de soupirs d'extase et d'exclamations viriles. Ah, le beau gouvernement, ouvert et divers, mais si compétent et resserré en même temps ! Je m'autoriserai ici à proposer une grille de lecture légérement différente : la créativité débridée du Président Sarkozy, quelques jours après la politique du bras d'honneur, invente maintenant le gouvernement-pétaudière (n.f. :"lieu où règne la confusion"). En effet, un examen rapide de la composition de ce nouveau gouvernement montre une forte hétérogénéité, reflet de toutes les stratégies, parfois contradictoires, mises en oeuvre par notre nouveau Président. Il permet aussi de dissiper quelques illusions quant à la fameuse "rupture" promise.

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Défaite, réconciliation, rénovation

Il ne fallait pas tenter la synthèse entre les gauchistes et les socedems ; Smith le rappelle clairement, et chaque jour dans libé nous voyons les partisans de la "modernisation" et ceux de "la gauche décomplexée" s'accorder au moins sur ce point. Seul problème, ils ne sont d'accord que la-dessus, ce qui illustre rétrospectivement un certain mérite de la synthèse : le choix était encore impossible.

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La politique en éclats

Une gauche morcelée, des clivages devenus flous, des transfuges à gogo, des références surréalistes.... La politique française reste lisible dans ses grandes lignes, mais jamais une campagne électorale et son résultat n'avaient donné une telle impression d'éclatement. Soumis à cette pression centrifuge inédite, il serait de bon ton de ne pas s'égailler aux quatre vents et de se concentrer sur nos dénominateurs communs.

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Les raisins de la défaite

La gauche et le Parti Socialiste ne pourront pas se passer d'une réflexion sur les causes de la défaite. On pouvait présager le bal des explications contradictoires : les archéos, dinosaurus, soutenant que si le PS avait perdu c'est que son programme n'était "pas assez à gauche" ; les sociaux-traitres soutenant que la défaite était due aux vieilles lunes gauchistes et à une conversion social-démocrate non assumée. Mais finalement, un certain consensus semble émerger et Hollande devrait servir de bouc émissaire, ce qui est en partie mérité : le problème est d'avoir voulu faire la synthèse entre les archéos et les sociaux-traitres. En voulant préserver la chèvre et le choux mais surtout son poste et ses chances d'investiture, Hollande a conduit le Parti Socialiste dans le mur. Les éléphants tirent aujourd'hui sur le chauffeur de l'ambulance en oubliant qu'ils ont embarqué volontairement sur ce manège.

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La politique du bras d'honneur

Comme mon camarade Guillermo, je souhaite moi aussi présenter mes félicitations au nouveau Président élu. Ce qui me réjouit particulièrement est que le Président Sarkozy a su, dès les premières heures de son triomphe, inventer un nouveau style politique : on connaissait la politique de la main tendue, la politique du gros bâton... le Président élu Sarkozy pratique avec talent la politique du bras d'honneur. Cette politique, pour le moment essentiellement symbolique, a un principe très simple : faire une fois élu exactement le contraire de ce qu'on a dit, mais, contrairement à une tradition établie, ne pas chercher à le cacher, mais le revendiquer en souriant à pleines dents. Exemple : le candidat Sarkozy dit aux mineurs un certain samedi matin : "moi je ne bavasse pas dans les grands hôtels parisiens/je suis le candidat du peuple", le premier geste du Président Sarkozy (à haute valeur symbolique, donc) est d'aller passer la nuit dans une suite à Xmille euros au Fouquet's sous l'oeil gourmand des caméras.

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Les années Fric

On redoutait les flics, un retour à la morale des années 60. Mais non, les premières images que nous propose la nouvelle droite décompléxée sont celles du fric : Fouquet's, Limousine, retraite à Malte sur un Yacht de 60 mètres. Beau symbole d'indépendance pour le président-élu, c'est le jet privé et le Yacht de Vincent Bolloré qu'il utilise pour cette retraite qui doit lui permettre d'effectuer une "ascèse".

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Même les déçus ont le droit de sourire

La déception est logique chez toutes les personnes qui ont milité, il faut l'évacuer pour passer à autre chose, et l'évacuer passe par l'exprimer, comme Guillermo hier. Oui, ça fait chier, oui c'est raide, de voir qu'après des mois de campagne le chiffre final est celui qui était annoncé depuis le départ (à quelques resserrements près en cours de route, jamais bien durables). Toute cette énergie, passé à chercher, discuter, à développer des idées, des arguments (car sur ce site les arguments ont toujours eu le rôle principal, c'était notre motivation, ce fut notre ligne de conduite), a-t-elle été utile à quelque chose?

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Félicitations au nouveau Président

53,2% pour Jean-Marie Bigard, l'identité nationale, le bouclier fiscal, le contrat unique et les réductions de service public d'impôts : on pourra pas dire que la France n'a pas choisi. Merci aux vieux et aux autres d'avoir pris la sage décision des réformes structurelles dont la France a besoin, entendez "les autres, pas moi". Bravo à Royal pour cette campagne perdue d'avance, et bon courage pour la suite, puisque "quelque chose s'est levé et ne s'arrêtera pas".

Reste les législatives, histoire de sauver l'honneur, et de ne pas laisser une trop grosse majorité à Michel Sardou.

Spécial défaite annoncée

A ce rythme, faut-il sérieusement se déplacer pour aller voter, puisque les sondages nous disent ce qu'il va se passer ? Il ne s'agit pas de "casser le thermomètre", mais simplement de se demander quelles sont les capacités des citoyens et des médias à faire exister autre chose qu'une litanie de commentaires de sondages qui disent, en l'occurence, de mauvaises nouvelles. Jamais le degré de prophétie autoréalisatrice n'a semblé si élevé.

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Droits opposables sans moyens : légitime colère

Ségolène Royal a su garder sa capacité d'indignation intacte. Tant mieux. Nicolas Sarkozy veut des droits opposables pour tout - garde d'enfants, scolarisation des enfants handicapés, logement - mais ne propose pas de moyens supplémentaires : ni places de crèche supplémentaires (Je ne crois pas qu’on pourra couvrir la France de crèches), ni logements sociaux (Le but d'un jeune qui commence dans la vie n'est pas simplement d'avoir un HLM, c'est d'être propriétaire de son logement). Sur le premier droit opposable proposé par Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal répond avec justesse :

Les femmes vont aller devant le tribunal pour demander une place en crèche ? Soyez sérieux ! C'est ce que vous proposez, une société où il faut aller devant la justice pour demander une place en crèche ? Ce n'est pas ma conception de la société. Les femmes ont autre chose à faire que d'aller devant le tribunal.

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Gouverner autrement

"Autrement", voilà un mot qu'on aura beaucoup entendu depuis le début de la campagne, de même que "changement", "rupture"... Gouverner autrement, Ségolène Royal s'en fait un véritable objectif si elle est élue, et elle a donné des gages solides en ce sens.

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Pour une élection adulte

A propos du débat Bayrou/Royal de samedi matin : je n’ai pas l’intention de commenter ici le « fond », les convergences et les divergences… Tout cela est déjà largement fait. Je voudrais seulement insister sur un aspect intéressant de cet événement inhabituel : il contribue à rendre le rituel de l’élection présidentielle plus adulte.

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Voter Royal après avoir voté Bayrou : un choix honnête, pas un chantage.

Lorsqu'on a voté Bayrou au premier tour, c'était dans l'espoir qu'il figure au second et voter à nouveau pour lui. Logique. Alors, maintenant, quoi? Sarkozy? Royal? Ou voter blanc? Il est facile pour nous qui avons voté Royal de dire "ravalez votre déception et passons à la suite". Facile et agaçant, ça va de soi. Alors tentons d'examiner les raisons qui peuvent inciter à voter Royal au second tour après avoir voté Bayrou au premier. Certaines sont stratégiques et donc pas les plus sexy. Mais les points de convergence sont aussi réels que d'autres qui nous ont séparé précédemment.

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Le bobo trotskiste et le plaisir de la connaissance (un électeur de François Bayrou à ses amis de la droite)

Je voudrais revenir sur une bonne nouvelle, pour rassurer ceux qui craignaient que l’éducation ne fût le parent pauvre du second tour de l’élection présidentielle. Le 16 avril, dans le quotidien gratuit 20 Minutes, Nicolas Sarkozy annonçait : « les universités auront davantage d’argent pour créer des filières dans l’informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. » J’ai la joie d’enseigner le français dans une université scientifique, et d’ailleurs dans une filière que le candidat aime beaucoup, à mi-chemin entre l’informatique et les mathématiques. Je ne peux donc que me réjouir que le candidat promette de nous apporter davantage de moyens, puisque ce cursus permet, effectivement, de trouver du travail.

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L'ordre juste plutôt que la violence d'état

Il y a parfois des slogans malheureux, et celui-là y ressemble. Parce que, quand on est à gauche, on peut gouverner avec une armée et une police, mais on ne parle pas d'ordre, c'est une valeur de droite ; on fait de l'ordre honteux, comme si on ne s'en rendait pas compte, et quand on est vraiment obligé, parce que l'ordre établi c'est mal. Et d'accoler "juste" à ce gros mot d'ordre n'a pas suffit à traduire le changement attendu, c'était encore parler d'ordre, c'était encore une erreur.

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L'inacceptable amagalme, par Jacques Delors

je crains que l'exploitation sans vergogne de certains thèmes ne laisse des marques profondes. Je veux parler, évidemment, des travailleurs immigrés et de l'insécurité ou, pis encore, de l'amalgame que certains n'ont pas manqué de faire entre les deux

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S'opposer et proposer

Le premier tour à peine clos, commence le ballet des commentaires. Un des plus répétés hier soir a été : Le Pen s'est effondré, enfin. Certes, tout démocrate ne peut que se réjouir de la faiblesse (relative) de son score. Mais la réalité est-elle aussi souriante ? Hélas non. Le Pen est diminué, en chute, sans doute, mais une grande partie de son discours s'est réincarnée en un autre point de l'espace politique français. Et ceci a des conséquences décisives sur la façon d'envisager le second tour.

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Un choix simple

Cette campagne électorale est à la fois surprenante et inquiétante. Surprenante, car elle est, dans la forme, exactement l’inverse de la précédente : là où la campagne de 2002 était focalisée jusqu’à l’obsession sur un thème unique (l’ «insécurité »), celle de 2007 renvoie au contraire l’image d’un camion fou, naviguant à vue au gré des faits divers, des déclarations « chocs », sans qu’aucun thème ne réussisse à adhérer sur cette patinoire.

Elle est de ce fait inquiétante : non seulement parce que les clivages et les positionnements apparaissent brouillés, mais surtout parce que le processus semble de plus en plus incontrôlable. Ni les candidats, ni les médias, ni les différents acteurs intervenant dans la campagne ne semblent en mesure de maîtriser cet engrenage ; la machine de la propagande politique tourne, dirait-on, toute seule.

La campagne produit de ce fait aux yeux du public une fausse complexité : dans ce maelström idéologique, toutes les spéculations, les conjectures, les anticipations, semblent également valables, menant ainsi à une incertitude de masse. La prospérité sondagière de François Bayrou, qui cache son vide programmatique sous l’espoir « stratégique » qu’il représenterait, est aussi le produit de ce désarroi.

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5 bonnes raisons de voter Royal : 5. élire une femme, symbole d'émancipation.

En élisant pour la première fois une femme à la plus haute fonction d'une des plus grandes démocraties, les Français enverraient un message fort de modernité. Dans bien des domaines, économiques, sociaux, et politiques, l'égalité entre hommes et femmes reste un horizon lointain, que l'élection d'une femme nous permettrait de transformer en objectif tangible. Dans un pays où l'égalité piétine, un tel symbole permettrait un nouvel élan.

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UMPS, la chimère de l'extrême centre

UMPS... Pour la petite histoire, j'ai commencé à voir ce terme sur internet, véhiculé par des militants d'extrême droite, au moment où je me suis un peu intéressé au "net politique" en 2003. À l'époque il s'agissait de prétendre que l'UMP n'était pas un vrai parti de droite et que seul les frontistes étaient les seuls "patriotes" du monde politique. Puis ce fut au tour de militants virtuels d'extrême gauche, qui affirmaient eux que le PS était un parti de droite allié à l'UMP via des deals secrets pour permettre le triomphe du capitalisme mondialisé, et bien entendu, ces militants virtuels qui tenaient un discours aux thèmes et au vocabulaire très proches de ceux des fafs d'en face affirmaient être la "vrai gauche". Ainsi naquit le terme de l'UMPS: les extrêmes, très occupés à se décerner des certificats d'authenticité idéologique décrétèrent que le principal parti de droite et le principal parti de gauche étaient semblables dans leur nature.

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5 bonnes raisons de voter Royal : 3 & 4. Le vote Royal est le vote anti-Sarkozy (et anti-Le Pen) le plus efficace

Pour une partie de l'électorat de gauche ou bayrouiste, une des préoccupations centrales de ce scrutin consiste à faire battre Sarkozy (et bien sûr, Le Pen). Même si les considérations stratégiques ne sont pas, loin de là, la seule motivation du vote, la question du vote "utile" se pose alors.

On a beaucoup glosé sur cette question, et la popularité sondagière de Bayrou repose largement sur le caractère d'opportunité stratégique qu'on lui prête : lui pourrait battre Sarkozy... Or, ce raisonnement est erroné.

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5 bonnes raisons de voter Royal : 1. Le choix de la cohésion sociale

La droite fait le pari du brouillage idéologique afin d’éviter une confrontation projet contre projet. Pourtant deux projets radicalement différents s’opposent : au niveau économique et social celui de Nicolas Sarkozy prône le laissez-faire et privilégie les individus. Face au chacun pour soi, le projet porté par Ségolène Royal refuse une société atomisée et brutale et s’appuie sur de nouvelles solidarités afin de promouvoir l’autonomie et renforcer la cohésion sociale.

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5 (bonnes) raisons de voter Royal, dès le premier tour

Il est temps de sortir de la confusion et de revenir à plus de sérénité.

A force de voir chaque jour une nouvelle thématique émerger et chasser les précédentes, la campagne finit par rendre illisibles les clivages et les positionnements politiques. Pourtant, la complexité apparente est une fausse complexité, très largement produite par le traitement médiatique chaotique de la campagne, et par les stratégies de certains candidats qui jouent délibérément la carte du brouillage (Sarkozy au premier chef).

Le choix est pourtant simple : pour tous les électeurs de gauche, et plus largement pour tous ceux qui veulent échapper au danger Sarkozy, c'est le vote pour Ségolène Royal, aux deux tours, qui est la meilleure solution. Pour quelques raisons simples, à la fois de choix de société et de stratégie politique.

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La République des notables

Chacun des trois candidats principaux a tiré ses propres leçons du 21 Avril 2002 : diagnostic de la crise de la représentativité pour Ségolène Royal, stratégie de la droite décompléxée chez Nicolas Sarkozy et dénonciation de l'alternance gauche-droite pour François Bayrou. Avec un candidat qui essaye de raviver le clivage gauche droite et un qui le dénonce, la droite ratisse large. Pourtant, malgré les divergences apparentes, les deux candidats de droite ont un point commun : la peur de la souveraineté populaire qui les pousse à se reposer sur une République des notables. A gauche, on entend inventer de nouvelles formes de démocratie participative.

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Une saine odeur de prison

Les dernières sorties de Nicolas Sarkozy sur le gène de la pédophilie ne doivent pas nous induire en erreur. Si évidemment de tels propos ont des relents d'eugénisme, ils ont surtout le mérite d'expliciter l'idéologie déterministe qui sous-tend sa politique et qui explique en partie son échec comme ministre de l'Intérieur.

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La dérive vers la droite n'est pas inéluctable

Sarkozy a fait le pari de la droite décompléxée : depuis l'exemple de Bush, il sait qu'une élection ne se gagne pas forcément au centre mais peut également se gagner sur sa droite. Cette nouvelle offre politique a entrainé de nombreux électeurs vers leur droite : des sympathisants socialistes ont l'intention de voter Bayrou pour faire barrage à Sarkozy, des sympathisants d'extrême gauche Royal pour empêcher une seconde élimination consécutive de la gauche du second tour. Ces derniers savent qu'en cas de défaite de la gauche au premier tour, la dérive risque d'être inéluctable : voyant les électeurs fuir vers leur droite, certains hommes politiques risquent de les suivre, ce qui entrainera d'autres électeurs. Mais cette dérive n'est pas inéluctable : la victoire de Royal est la première étape, nécessaire, pour l'arrêter.

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Ségolène Royal, étendard et candidate de l'émancipation

Le parcours de Ségolène Royal est placé sous le signe de l'émancipation : émancipation par rapport à la figure du père autoritaire, émancipation féminine et enfin émancipation par rapport au Parti Socialiste (ses éléphants, son premier secrétaire). Si en tant que personne, elle peut être justement considérée comme l'étandard de l'émancipation, la lecture de son projet la place également comme la candidate de l'émancipation.

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A droite toute !

On croyait Sarkozy "changé", devenu modéré et presque centriste, mais la campagne ne lui aura pas laissé le temps de bien essayer sa nouvelle identité spéciale second tour. Depuis quelques semaines le raidissement droitier du candidat sortant est indiscutable, d'autant plus qu'on n'y a guère pris garde tant les petites phrases ont été distillée progressivement. Partir du centre et déclarer que la gauche est "l'amie des voyous et des fraudeurs", c'est avoir fait un chemin significatif, et pas dans la bonne direction.

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Le syndrome de la fine bouche

En 2002, Lionel Jospin était trop austère, techno et rigide. Aujourd'hui Ségolène Royal serait démago, réac' ou "trop conne". Peut-être manque-t-il aujourd'hui à gauche un vrai leader charismatique, mais la gauche semble également être victime du syndrome de la fine bouche. La droite a sur ce point un avantage structurel sur la gauche : étant conservatrice, il lui est plus facile de rassembler sur une personne. A l'inverse, lorsqu'il s'agit de porter un projet réformiste et progressiste, il est plus difficile d'être uni. Certains vont voter Ségolène Royal sans hésitations, d'autres parce que c'est un compromis. Mais il n'est pas honteux de faire des compromis, bien au contraire. Faire la fine bouche, c'est pour la gauche s'interdire de construire une majorité et donc se condamner à rester dans l'opposition.

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Le style du pouvoir : sollicitude contre démonstration de force

Le rapport de Nicolas Sarkozy a l'exercice du pouvoir, qui passe par la démonstration de force et une volonté de puissance, provoque parfois la crainte mais reste systématiquement perçu comme un élément de sa "stature d'homme d'état". A l'inverse, Ségolène Royal tient sa promesse de "faire de la politique autrement", en ouvrant une voie plus moderne.

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Gare du Nord : atmosphère, atmosphère...

De nombreux commentateurs soulignent que l'émeute de la gare du Nord et les incidents de l'école de la rue Rampal sont révélateurs de l’échec de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy. On n'a pas dit que cela s'est passé dans les quartiers populaires du nord-est parisien, qui étaient restés calmes pendant que les banlieues flambaient en novembre 2005.

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La désocialisation de la police

J'écris ce billet en réaction un peu tardive à un post de Hugues à propos des récents événements de la gare du Nord et de Belleville : selon lui, il n'y a aucun lien entre les deux, ce qui s'est passé à la gare du Nord ne relevant que d'un "vandalisme vide de sens", contrairement à l'affaire de la rue Rampal. Cette position, qu'il n'est pas le seul à formuler, me semble erronée. Si il y a bien évidemment des différences entre les deux événements, ils n'en ont pas moins une racine commune : les évolutions qui ont affecté, durant les années Sarkozy, la gestion de la force publique dans le sens d'une désocialisation croissante de la police.

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S'émanciper par le travail, s'émanciper du travail

"Travailler plus pour gagner plus" : la droite entend revaloriser la valeur du travail du mérite et de l'effort. Pour la gauche, la relation avec le travail est plus complexe, ce qui est plutôt une bonne chose.

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Enjeux de la "carte scolaire"

La carte scolaire est, depuis que Ségolène Royal a mis le feu aux poudres il y a un an, objet de débat et sujette à des remises en cause. Pourquoi et dans quel sens? La question doit être reliée directement à la fois au fonctionnement des ZEP et au problème grave de la ségrégation spatiale.

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Le sarkozysme au féminin

On semble avoir peu parlé des conséquences qu’auraient pour les femmes le « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy. Or les effets seraient pervers, et ceci pour deux raisons.

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Le mensonge de la valeur travail

La force du sarkozysme, c'est cet équilibre subtil entre principes et pragmatisme qui permet de couvrir l'ensemble de la rhétorique comme n'oserait le faire le pire des sophiste. Pour parvenir à réconcilier miraculeusement les intérêts des plus aisés (moins de charges et d'impôts) et ceux des plus pauvres, sauvés par la "valeur travail", il faut simplement faire abstraction de la réalité. Démonstration.

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L'éducation comme symbole du clivage gauche-droite

L'éducation est un des domaines où le clivage gauche-droite se manifeste le mieux. Les positionnements en la matière font bien apparaître la profonde différence qui sépare les projets politiques, et leurs fondements historiques.

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Le ministère des bonnes nouvelles

Nicolas a semble-t-il, ce lundi, négocié avec Chirac une petite mise en scène pour sa démission si tardive. La course de lenteur entre la démission du ministre et le soutien du président aurait dû intriguer. Les explications machiavéliques ne manquent pas. On peut se laisser aller à penser, par exemple, qu'il s'agit d'épargner l'indignité des humiliations judiciaires en échange du maintien du black-out sur les vraies statistiques de l'intérieur. Ce faisant, Sarkozy poursuit son inventaire paradoxal du chiraquisme, entre "héritation" des vices et rupture avec les vertus, une continuation des petits arrangements pour mieux rompre avec les restes de gaullisme.

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Le centre ou les mystères de l'Atlantide

Etat modeste, dialogue social, démocratie participative, Ségolène Royal se réfère souvent au modèle des démocraties du nord de l'Europe. Nicolas Sarkozy est plutôt tourné vers les Etats-Unis où le mérite et l'effort seraient récompensés. Le centre se positionne à mi-chemin et cherche donc son modèle au milieu de l'Atlantique. En cherchant bien, il trouvera peut-être les vestiges d'une civilisation où le clivage gauche-droite n'existait pas. Il se murmure qu'un ministère des Questions de fond serait créé afin de coordonner les recherches.

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De la nécessité des contre-pouvoirs

Si le pouvoir principal s'incarne par les pouvoir politique et financier, le principe du contre-pouvoir est de modérer l'influence de ceux-ci, qu'il s'agisse d'observer, ou si nécessaire, de contrer ses décisions quand celles-ci sont jugées mauvaises. Or, l'état d'une société est fortement lié à la vigueur des contre-pouvoirs. Qu'ils disparaissent ou s'affaiblissent, et le pouvoir principal s'en retrouve hypertrophié et moins apte à faire face aux difficultés rencontrées par la société.

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Le troisième homme en tête des sondages !

C'est le candidat du troisième parti, aux oreilles décollées, l'air un peu benêt, dont les propositions principales sont d'équilibrer le budget et de former un gouvernement des compétents au-delà du clivage gauche droite. Ce 'troisième homme' est en tête des sondages, on est en 1992 aux Etats-Unis et il se nomme Ross Perot.

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Providence (ou le fantasme d'être libéré de la politique)

Les cotes de différents présidentiables montrent que plus que jamais le désir de politique est synonyme, dans la population, d'une volonté de contourner les corps intermédiaires. Ce que les médias ont conspué comme "démocratie d'opinion" pourrait bien être, en effet, une désaffection de la démocratie représentative. On n'a pourtant pas encore trouvé mieux.

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L'écologie, par delà les apparences

Il y a à peine deux mois, François Bayrou s'appelait Nicolas Hulot. Hulot, la surprise, Hulot celui qui parle vrai aux Français, Hulot et son pacte écologique qui allait enfin mettre la question environnementale au centre de la campagne. Puis Hulot, après avoir ringardisé les Verts et servi de bonne conscience à la collectivité, se contente de faire signer son pacte aux candidats, et depuis il ne s'est pas trop préoccupé de revenir sur les programmes des champions en lice.

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"L'Etat doit gérer en bon père de famille"

Pour la droite, l'Etat doit gérer, au choix, "en bon père de famille" (version UDF) ou "comme une entreprise" (version UMP). Au delà de la banalité de ces expressions faites pour le journal de 20h (j'aimerais savoir si Douste gère sa famille comme une entreprise), définir l'Etat par ce qu'il n'est pas (un ménage, une entreprise) n'est pas anodin mais révèle une impossibilité de penser l'Etat comme ce qu'il pourrait être. Tandis que la droite définit sa politique économique à coup de métaphores, il existe à gauche une doctrine de l'intervention autrement plus structurée.

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Le cynisme politique a-t-il des limites ?

Il semble bien que non. C'est en tout cas ce que démontre l'annonce hier soir par Sarkozy de la création d'un "ministère de l'immigration et de l'identité nationale".

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Petit plaisir égoïste ?

Pour ses partisans et pour d'autres, la percée de François Bayrou est éminemment jouissive. C'est marrant de s'imaginer les états-majors suer, affolés et désespérés, ne sachant pas comment réagir. Francois Bayrou fait ainsi l'effet d'un éléphant d'une pouliche en chaleur dans un magasin de porcelaine. Son discours anti-système déculpabilise, en sus, certains électeurs de sensibilité de gauche. Mais ce sont les plus défavorisés qui seraient les premières victimes de l'alternance entre la droite et le centre-droit.

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Féminisme politique, pas mort !

Féministe, Ségolène Royal? Pas assez, ou pas exactement à leur goût, vous répondront beaucoup de militantes féministes. Plutôt que gloser sur la validité de cet épithète, demandons-nous si ses propositions en matière de droits des femmes, de prise en charge de la petite enfance, et de lutte contre la pauvreté, sont pertinentes et justifiées.

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Europe, Europe... mais quelle Europe?

François Bayrou bénéficie d'une image d' "européen" dans une campagne où l'on parle relativement peu des enjeux de l'Union européenne. Il est d'autant plus dommage que Ségolène Royal ne revendique pas plus ses positions européistes, qu'elle accorde à l'Union un rôle très important dans sa vision politique.

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Mon ascenseur social, "il sent la pisse"

"Dans mon quartier l'ascenseur social, il est bloqué au sous-sol et il sent la pisse". Ce bon mot de Djamel traduit la désillusion des habitants des quartiers populaires par rapport à la promesse républicaine d'égalité des chances. Tout le monde à gauche comme à droite parle de cela, mais le sujet est-il si consensuel ? L'analyse des projets sur l'éducation est à cet égard éclairante. Envers les catégories défavorisées, la droite manie la carotte pour les élites et le baton pour les autres alors que pour la gauche, la priorité est la lutte contre l'échec scolaire.

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De la solidarité à l'assistanat

Dans l'ordre du discours, rien n'est innocent - et il n'est pas besoin d'être linguiste pour constater que le mot "assistance" ne fait pas que remplacer "solidarité" ; l'écart entre les deux termes, l'usage systématique du premier tandis que le second est tombé en désuétude, en dit long sur le zeitgeist, au point que chacun de nous se sent interpellé quand le PS fait son boulot et propose des nouvelles dépenses, je veux dire de nouvelles prestations. Allocation autonomie pour les étudiants ? De l'assistanat. Emploi tremplins ? De l'assistanat. Revenu de solidarité active ? De l'assistanat. Augmentation du Smic et des petites retraites ? De l'assistanat, ou presque.

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L'Islam en France : l'avenir passe par l'approche politique

Comment répondre au sentiment de relégation de certains quartiers, à l'injustice ressentie par certains musulmans en France, tout en prévenant les risques de radicalisation djihadiste? La solution passe par un action politique positive et moins de stigmatisation et de répression, certainement pas par le communautarisme ou la remise en cause de la laïcité.

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Vide intellectuel ?

Ces derniers temps, on ne compte plus les papiers déplorant le "vide intellectuel" de la campagne, et, dans le même temps, ceux qui se délectent du récit des mouvements internes au champ intellectuel, notamment de la fameuse et supposée "droitisation" des "intellos de gauche" (voir par exemple le récent dossier du Nouvel Obs sur le sujet). On peut faire l'hypothèse que ces deux marronniers journalistiques sont en fait étroitement liés.

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Brèves

+5 points dans ta gueule

Avec la TVA sociale, voila le double effet kiss cool (passez moi l'expression) des cadeaux fiscaux et des baisses de charge, le rattrapage sur les prix. Notons qu'on ne parle pas encore de hausse de la TVA "fiscale" mais les paris sont ouverts.

En attendant, ce n'est pas moi qui le dit, mais l'économiste Olivier Bouba-Olga (et il n'est pas seul, voir sa liste dans le billet cité) :

L’instauration d’une TVA sociale va se traduire mécaniquement par une hausse des prix, à moins qu’on ne fasse pression à la baisse sur les salaires. Dans les deux cas, cela va peser sur le pouvoir d’achat de certaines personnes. Quelles personnes ? Avant tout les personnes à faible revenu qui consacrent l’essentiel de leur budget à la consommation de produits quotidiens qui seront taxés plus fortement.

17eme circo, suite

Le planning des réunions publiques d'Annick Lepetit...

Mardi 12 juin 2007, à 20h Ecole maternelle Brochant, 28 rue Brochant 75017 avec la venue de François Hollande

Mercredi 13 juin 2007, à 20h Lycée d'enseignement commercial Maria Deraisme, 19, rue Maria Deraisme 75017.

Jeudi 14 juin 2007, à 20h : Ecole élémentaire Belliard, 129 rue Belliard 75018.

Fisc fucking

Ce serait quand même pas difficile d'attendre le deuxième tour pour dire les choses qui fâchent, mais à force de triomphe annoncé (et en bonne voie) l'UMP a du mal à se contenir. Voilà donc la suite des cadeaux, le retour de la TVA !

Jean-Louis Borloo, lui, n’a pas exclu hier «l’éventualité» d’une augmentation de la TVA, en affirmant que «rien n’est tranché dans ce domaine». (chez libé)

Dissonance de Borloo - ou plus probablement un ballon d'essai lancé sur TF1 ?

17eme circonscription de Paris : enfin un vote utile

Habitant du 17eme côté est, j'ai la chance de pouvoir voter pour une candidate socialiste qui fait largement oublier les querelles internes surmédiatisées du PS. Avec Annick Lepetit, c'est toute la politique de terrain qui prend ses droits, et nous rappelle que les députés ne sont pas seulement là pour voter la loi que le gouvernement leur commande.

Comme l'écrit l'un de ses supporters sur son blog :

Faut il alors, parce que les sondages nous serinent que les jeux sont déjà faits, ne pas se mobiliser ? Et faut-il surtout sacrifier l'expérience du terrain et la défense des intérêts locaux d'une circonscription qui n'est pas la plus favorisée de la capitale, loin s'en faut, pour alimenter encore plus une machine majoritaire qui n'est certainement pas là pour s'occuper de nos principaux problèmes, à savoir la qualité du logement et celle des transports publics ?

Camarades voisins, le 10 et - on l'espère - le 17 juin, votez Annick Lepetit ! Et si vous connaissez des gens du coin, faites passer le message. On en reparlera.

Le gaspi, politique d'avenir

coût exorbitant + inefficacité économique = Nicolas Sarkozy La démonstration en est faite par Thomas Piketty sur pas moins de 3 mesures d'ores et déjà annoncées par le gouvernement sur la demande de Sarkozy : heures supplémentaires, droits de succession, intérêts des emprunts d'achat de logement.

Y'a pas d'cafouillage

Woerth ou l'art difficile de se renier - il n'avait pas compris qu'il y avait encore une élection à gagner ! Ce qui donne quelque chose de très élégant, pour expliquer que non, finalement, ce n'est pas à partir de l'An I du 6 mai 2007 qu'on fera des économies d'impôts, mais bien tous les ménages qui remboursent un emprunt sur leur résidence principale :

"Le président s'est exprimé hier. (...) Les choses sont très, très claires", a-t-il dit à l'issue du conseil des ministres. "On verra sur les précisions", a-t-il ajouté."

On reparlera aussi du plafond, mais après les législatives, parce que 7 millions de ménages concernés ça risque de coûter cher aux finances publiques !

Déductibilité des intérêts d'emprunts : les professionnels de l'immobilier respirent

Cela reste la meilleure trouvaille de l'UMP : dans un marché où la très forte hausse récente des prix a été nourrie par une offre notoirement plus élevée que la demande, proposer une mesure coûteuse qui stimule la demande et donc renforce la hausse des prix... De façon peu étonnante, ce sont les professionnels de l'immobilier (banques, agents, notaires) qui se réjouissent de la nouvelle, comme nous l'explique cet article du Monde :

"C'est une vraie bouffée d'oxygène dans un marché qui s'essouffle", se félicite Me Catherine Carély, notaire dans le Val-de-Marne.

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Retraités : travaillez plus pour gagner plus !

Edit :

En ce lundi de Pentecôte, Notre Président j'invite les retraités ayant voté pour lui Sarkozy à se lever tôt pour aller travailler... "Bougez-vous un peu les vieux ! La solidarité ce sera pour dans cinq ans..." aurait-il rajouté de source proche

Fillon chef d'équipe

C'est sur la couv' du magazine Challenges :

Ils doivent lire nicoshark. A moins que ce ne soit le contraire...

Dans la même veine : des hommes et des femmes de gauche se sont vu proposer de participer à l’effort de redressement avec des hommes et des femmes de droite. L'auteur se demande sérieusement Et si Sarkozy mettait fin à deux siècles de guerre civile en France ?. Ce n'est pas Brave Patrie mais chez koz...

Donner l'exemple... le mauvais !

Sarkozy est décidément toujours aussi fort pour anesthésier les critiques et faire passer les vessies pour des lanternes. A 24 heures d'intervalle, on apprend d'une part que le nouveau président a placé des hommes à lui à la tête de tous les services clef de police, et qu'il promettait "une démocratie exemplaire". Cherchez l'erreur.

Sondage et barbarie

On touche le fond : qu'on nous dise que 60% des Français veulent une majorité UMP, pourquoi pas ; mais qu'on fasse déjà une étude sur le "style" du nouveau Président, c'est vraiment du foutage de gueule. Etrangement, cela donne quelque chose comme :

54% des sondés estiment que la manière dont le nouveau président de la République exerce sa fonction est "très différente" de celle de ses prédécesseurs et 33% "assez différente".

Avec tout le recul nécessaire, bien sûr. Et dans la série "la question n'influe pas sur la réponse, pas du tout" :

Quelque 67% des sondés estiment que Nicolas Sarkozy a raison de vouloir mener "toutes les réformes en même temps car il ne faut pas perdre de temps", 32% estimant au contraire qu'"il a tort car il est plus efficace de mener les réformes les unes après les autres".

Tout d'un coup, ou les unes après les autres ? Pot d'huile de ricin ou demi-dragée Fuca pendant 5 ans ? Hum.

Ouvrons le débat

Ouvrir le débat sur la rénovation de la Gauche, c'est ce que propose de faire ce nouveau blog à tendance social-démocrate (ou "gauche du réel"). Un premier billet revient sur les causes de la défaite :

Le Parti socialiste traverse une crise profonde et ne remplit plus les deux fonctions traditionnelles d’un parti politique. Il n’a plus d’idées, ou si peu. Il ne gagne les élections que par rejet de l’adversaire, et non par adhésion aux valeurs qu’il défend.

Crise des idées. L’unité idéologique de façade issue des tractations de congrès n’est pas porteuse d’une vision du monde. Nous ne traçons pas de chemin, nous ne dessinons pas de voie française dans la mondialisation. A force de ne pas trancher, notre ligne politique se voit réduite au plus petit dénominateur commun. Or, aucune ambition collective ne peut germer sur le terreau des contradictions. (...)

Crise des idées donc, mais aussi crise de fonctionnement des instances dirigeantes du parti. « Durer plutôt qu’agir », voilà le mot d’ordre qui les caractérise. Elles se résument bien trop souvent à un patchwork des courants et sous-courants nés des conciliabules de nos congrès et de leurs petits secrets. Pas de commentaire. Ou si, un seul : le mode d’organisation de notre parti empêche de penser, de décider, bref, de gagner.

NStv, la présidence prime-time

Le directeur-adjoint de la campagne présidentielle de Sarkozy, Laurent Solly, qui vient d'être embauché par le groupe Bouygues, va devenir n° 2 de TF1 (directeur-général adjoint). Finalement, le directeur du JDD avait raison : pas besoin de censure, il suffit d'avoir des patrons de presse qui agiront en "leur âme et conscience". Nous voilà rassurés.

Des limites de l'entrisme

Jean-Pierre Jouyet va se rendre compte que son boulot consiste à défendre la position de Nicolas Sarkozy sur les Affaires européennes. Cet article du nouvelobs.com rappelle que Nicolas Sarkozy s'est engagé à arrêter les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne. Le bizutage du nouveau Secrétaire d'Etat à Bruxelles doit être une épreuve difficile :

Jean-Pierre Jouyet s'est montré laconique lors d'une conférence de presse en marge d'une réunion des ministres de la Compétitivité de l'Union européenne à Bruxelles. "La position du président de la République est parfaitement claire et nous savons les échéances qui nous attendent et nous y travaillons", a-t-il déclaré à cette occasion. Prié, à plusieurs reprises, de dire si cela voulait dire qu'un veto serait opposé, il a répété cette formule et a expliqué: "Je n'ai rien à ajouter, rien à ajouter".

Le résistant et le traître

Hughes se pose la question de la schizophrénie de Nicolas Sarkozy (et de la sienne), qui arrive à réconcilier l'hommage à la résistance et la récompense de la traîtrise.

Trahi par un « camarade » de pacotille, le jeune communiste assassiné est effectivement l'admirable archétype de ceux qui, sans avoir le goût du sacrifice, acceptent de prendre les risques que la plupart d'entre nous fuiraient. Le dénonciateur du « Nécoconservateur bushiste à passeport français » passerait plutôt, de son côté, pour la caricature du félon médiéval ; sa capacité à changer de cheval au milieu du gué en disant long sur la profondeur de ses convictions.

En les honorant l'un et l'autre, le résistant et le traître, Nicolas Sarkozy ne m'aide pas beaucoup à trancher dans la conversation schizophrène que je mène avec moi-même depuis son élection, à la recherche d'indices sur la tournure que prendra son mandat.

La cohérence se situe certainement au niveau de la recherche systématique de la confusion. Une politique-pétaudière en quelque sorte...

Médiocratie

Dans ce billet, Richard Robert décrit les partis politiques comme de grandes bureaucraties qui n'arrivent pas à recruter les meilleurs, d'où le terme de "médiocratie" :

Dans ces conditions, Mattozzi et Merlo établissent que le jeu des recrutements entre partis et organisations concurrentes favorise au sein des partis une homogénéité qu’ils nomment médiocratie, tandis que les autres organisations recruteront un personnel plus différencié, au sein desquels se retrouveront à la fois les moins bons et les meilleurs.

De plus, le fonctionnement interne de ces organisations où la performance individuelle est difficile à mesurer, ne favorise pas l'efficacité collective :

Le talent du groupe n’est pas la somme des talents individuels : chacun sait qu’un groupe d’individus hautement qualifiés peut obtenir des résultats médiocres et dans un monde politique où chacun consacre son énergie à disqualifier ses concurrents, il arrive même qu’une coalition de talents supérieurs obtienne des résultats négatifs.

Difficile de ne pas y voir une allusion à l'état actuel du PS...

Parachutage

Arno Klarsfeld n'est pas parachuté, la preuve :

«C’est ridicule, je ne suis pas un expert du 12e arrondissement mais je suis Parisien», affirme le très médiatique avocat, avant de préciser, pour attester de sa connaissance de cet arrondissement du sud-est parisien: «Je l’ai traversé quand j’ai couru le marathon de Paris».

On attend Delphine Batho et "je connais Melle, j'ai bouffé deux fois chez Ségolène, avec du Chabichou même."

Spécial aide sociale

Le ménage de printemps semble en cours au palais de l'Elysée. Par ici la sortie pour l'ensemble du personnel de maison, qui ne se retrouve pas à la rue, mais reclassé dans divers ministères. Les Sarkozy viendraient avec leurs propres gens et auraient demandé, étant en charge d'une famille nombreuse, que l'effectif de l'époque Chirac soit doublé.

Encore la presse gauchiste. Ah mais n'allez pas critiquer, hein ! Et alors, quand on a une famille nombreuse et qu'on travaille dur, on a pas le droit de se faire payer des gouvernantes anglaises par l'Etat ? Vous préférez qu'ils foutent la merde à l'école comme les enfants de vos amis vouyous et fraudeurs ? Allez, faut parler le Sarko maintenant !

Mon tonfa est plus gros que le tien

Rien de bien neuf, mais c'est un peu plus officiel lorsque c'est confirmé par des proches de Sarkozy (j'ai failli faire un lapsus et écrire "président".... heu... et meeeeerde) : le dispositif de sécurité autour de Sarkozy sera renforcé, pour la seule et unique raison que... ça lui plait. Mais à quoi bon s'inquiéter, si ça se trouve ces policiers non plus ne coûteront "pas un centime aux français".

Provocations policières

C'est ce qu'ont vu et relatent deux journalistes du Monde qui connaissent par coeur la "cité des 3000" d'Aulnay où ils venaient, le 6 mai, pour la 20e fois en 18 mois. Des témoignages qui concordent malheureusement avec ceux de la place de la Bastille.

Les vraies raisons de la défaite

Diagnostic intéressant de la défaite par le gauchiste Jacques Généreux, auteur du best seller "les vraies lois de l'économie". Evidemment il tire sa propre conclusion de ce diagnostic mais que l'on soit sur une ligne "gauche décompléxée" ou "gauche du réel", il se dégage un consensus pour dire qu'il a manqué une consistance idéologique dans cette campagne. (Il a probablement également manqué un appareil militant efficace pour porter cette idéologie et contester celle de l'adversaire.)

Nicolas Sarkozy a su manipuler le sentiment de dignité que confère aux sans-grade le sentiment d'être plus méritants que les assistés. Mais sa grande force a été de marier son idéologie avec un discours répondant exactement aux attentes de travailleurs exaspérés par les excès et les insuffisances du capitalisme libéral : il s'est montré comme le défenseur du pouvoir d'achat, comme le seul leader osant parler à nouveau de protectionnisme et comme le promoteur d'un Etat efficace au service du public

C'est donc aussi une demande de régulation politique du monde et de l'économie, aspiration de gauche s'il en est, qui s'est trouvée validée par les électeurs. Dès lors, la défaite de la gauche tient probablement plus au fait que cette aspiration ne s'est pas trouvée incarnée par la candidate socialiste, et à ce qu'aucune idéologie n'est venue invalider celle de l'individu méritant. Ségolène Royal ne s'est jamais posée comme la chef de file d'une gauche combattant une droite néolibérale. Loin de revendiquer une idéologie de gauche aussi consistante que l'était celle de Nicolas Sarkozy, elle a semblé à la remorque de son rival en ne parlant que d'ordre, de valeur tr