Voter à gauche

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

février 2007 - tous les billets

mercredi 28 février 2007

"Avant qu'il ne soit trop tard"

Dans le Nouvel Observateur, un appel (qui ressemble un peu au notre) signé par 150 intellectuels :

Le 22 avril, il sera trop tard. Trop tard pour déplorer notre dispersion. Trop tard pour regretter notre inaction. Trop tard pour s’apercevoir que l’élection présidentielle s’est faite sans nous, malgré nous. Nous refusons cette défaite trop souvent annoncée. Nous n’admettons pas que l’on vote à notre place. Nous n’acceptons pas que des sondages fabriquent une élection. Et nous ne tomberons pas dans le piège tendu par cette droite qui domine ou influence la plupart de nos grands médias.

Ecologie : devinez qui sont les plus crédibles

J'apprends par le Figaro que seuls 3 candidats sont jugés écolos par une coordination d'organisations : Lepage, Voynet, Royal. Le détail de leurs notes ici. Le site présente les critères de notation détaillés.

Politique des individus et désordres du travail

Ségolène Royal applique la politique des individus à la question du marché du travail et de l'emploi. La candidate s'est ainsi inspiré des travaux de Philippe Askenazy sur les conditions de travail. Dans le débat public, la question de l'emploi et du chômage a occulté celle du travail. Nicolas Sarkozy axe son discours sur la valeur travail, mais le travail dans sa réalité concrète y est étrangement absent. A gauche, le discours sur le travail était généralement délaissé au Parti Communiste. En rupture avec cette tradition, Ségolène Royal a choisi de mettre les conditions de travail au centre de sa réflexion. Il existe deux logiques à cela : d'une part, le travail est une source majeure de bien ou de mal-être ; d'autre part, pénibilité au travail et questions d'emploi interagissent. Il s'agit pour le politique de trouver des réponses qui prennent en compte cette interdépendance.

Lire la suite

mardi 27 février 2007

"Combien ça coûte ?"

Le débat fait rage sur la pertinence du chiffrage des programmes. On a dit ici que la droite avait sorti cette arme dans un but de détournement d'attention alors que leur propre chiffrage était absurde. Et ici qu'un déficit n'était en soi ni bon ni mauvais. L'OFCE, dans un billet sous-titré "Manifeste contre une déontologie en rase campagne " rentre en guerre contre l'Institut de l'entreprise :

Lire la suite

Smic à 1500 euros : Faut-il hurler avec les loups ?

Eric Maurin commente une étude de trois chercheurs de la LSE. Les auteurs concluent que la hausse du salaire minimum en Angleterre s'est traduite essentiellement par de moindres profits dans les entreprises concernées, sans effet tangible sur l'emploi. La conclusion d'Eric Maurin : "L’étude de la LSE gagnerait à être méditée par tous ceux qui dans un beau réflexe pavlovien, et sans avoir jamais vraiment étudié le sujet, se mettent à hurler à l’hérésie dès qu’ils entendent parler d’une hausse du salaire minimum".

Le petit François B. est attendu à l'accueil de l'UMP par sa famille

François Bayrou annonce vouloir former un gouvernement "d'union nationale", envisager un Premier ministre de gauche, et il décolle illico dans les sondages. Mais peut-on croire 2 secondes que Bayrou est au centre, alors que son histoire et celle de l'UDF montre qu'il a toujours été exclusivement de droite.

Lire la suite

lundi 26 février 2007

La presse est-elle anti-Royal?

La médiatrice du Monde, fidèle à la tradition d'indépendance de cette fonction, se permet cette petite audace d'éventer un secret des coulisses : la presse est submergée de messages de lecteurs qui la trouvent, en bloc, partiale à l'encontre de Ségolène Royale.

La dette, "c'est mal"

Les principaux candidats à l'élection présidentielle sont d'accord sur un point : il faut réduire la dette. Suite au rapport Pébereau sous-titré "Rompre avec la facilité de la dette publique", il se dégage un consensus dans les médias et la classe politique. Dans leurs projets respectifs Royal et Sarkozy prévoient de revenir à un montant de dette égal à 60% du Pib (contre un peu plus de 64% aujourd'hui). Mais c'est Bayrou qui est le plus véhément contre la dette publique, ce qui lui attire la sympathie de ceux qui pense que la dette est notre plus gros problème aujourd'hui, que la dette "c'est mal".

Lire la suite

dimanche 25 février 2007

"Je demande aux policiers non plus de faire de l’ordre public mais d’interpeller"

Serge Portelli, magistrat à la vue claire, décrypte pour nous l'inquiétante politique du chiffre du ministre de l'intérieur.

Sarkozy aux pauvres : "Qu'ils fassent des heures sup !"

Carmen del Rocio analyse la proposition de Nicolas Sarkozy d'exonérer les heures supplémentaires de charges sociales et impôt. La proposition est jugée injuste, inefficace, peu opérationnelle et finalement dangereuse.

Sarkozy "en banlieue", le triste feuilleton

En politique, on choisit ses déplacements et ses interventions. Tout le monde le fait. Mais la mise en scène sarkozienne vire parfois au pathétique. Il aurait "changé"... mais peine à le prouver.

Lire la suite

Les intellectuels, la présidentielle et l’Etat de droit

Thierry Pech s'étonne à juste titre qu'on puisse accorder un crédit d'homme d'Etat à un candidat qui a démontré son mépris inquiétant de l'état de Droit.

samedi 24 février 2007

Un projet pour l'Afrique

On a beaucoup parlé des coulisses de cette tribune et peu du fond. Ségolène Royal y présente une vraie politique de co-développement pour l'Afrique : consolidation de la société civile, importance de l'amélioration de la condition des femmes, soutien des familles par le micro-crédit. La "politique des individus" est ainsi appliquée au niveau international.

vendredi 23 février 2007

La politique des individus

Ségolène Royal comme "assistante sociale" : la droite a ressassé la formule après le débat de lundi. Si on laisse de côté le sexisme et le mépris de classe que ce type de sorties donnent à voir, le fond de la critique serait : elle s'occupe des cas individuels, donc elle ne s'occupe que de petits problèmes à petite échelle. Cette critique montre bien, au-delà de la mauvaise foi, la profonde incompréhension de ce qu'est un projet politique de gauche.

Lire la suite

"Sarkozy au secours des héritiers"

Ce n'est pas nous qui le disons mais Bernard Salanié que l'on ne peut pas vraiment taxer de gauchisme. Piketty, qui apporte officiellement son soutien à Royal, souligne dans une vidéo l'incohérence du discours de Sarkozy qui veut revaloriser le travail en supprimant les droits de successions. (via versac) .

Lionel, on t'aime !

Surtout quand tu t'énerves. Au moins tu n'as pas changé, tu commences toujours tes réponses par "Non, vous avez tort". Mais comme sage de l'équipe, t'es carrément plus fort que Raffarin.

jeudi 22 février 2007

Spartacus ou les métamorphoses du poujadisme dans la Haute fonction publique

Frédéric Rolin rejoint guillermo (ou l'inverse) :

"il (Bayrou) est le Le Pen des hauts fonctionnaires : le candidat qui n’est pas dans le système, qui est en mesure de faire trébucher ceux qui sont installés, mais qui, c’est essentiel pour la Haute Fonction Publique, manifeste une respectabilité et un sens du réel qui fait qu’il n’est pas indécent de voter pour lui."

Bayrou, le populiste du centre

Le personnage est "sympathique, courageux et cultivé", comme le dit Joffrin. Surtout, il profite d'un espace politique inespéré ; d'un côté Sarkozy et son projet de droite décomplexée, en rupture de ban avec le gaullisme, et dont le populisme déplait à l'électorat centriste, et de l'autre, à gauche, l'incertitude liée à la trajectoire de Royal, dont on commence seulement à percevoir la cohérence de sa "politique de proximité".

Lire la suite

mercredi 21 février 2007

L'impasse Bayrou

Ok, l'homme a de bons côtés. Mais back on planet Earth, voter Bayrou c'est voter Sarkozy.... Un billet de Hugues contre la "démission symbolique" du vote Bayrou, qu'on pourrait rapprocher de propos nettement plus provocateurs.

Pouvoir d'achat pour qui ?

Via Esther Duflo et Thierry Pech, une étude passionnante des effets de la loi Raffarin sur la grande distribution. Leur conclusion : entre 50 000 et 100 000 emplois perdus et une sur-inflation des produits alimentaires au détriment des catégories défavorisées ! Les Soldes de la loi Raffarin. Le contrôle du grand commerce alimentaire de Philippe Ashkenazy et Katia Weidenfeld.

Sarkozy promet un paquet de pognon à sa clientèle électorale

C'est ici. Je vous laisse juger du paquet "social".

Education, l'autre clivage gauche droite

Ecole: Le droit à la réussite pour tous. Dans cette tribune, le délégué national PS à l'éducation rappelle que sur l'éducation "le clivage avec la droite porte autant sur la question des moyens que sur celle des missions de l'Ecole". Instructif.

Les individus au coeur du projet de S. Royal

Entretien avec Alain Mergier dans Libération.

S. Royal sur tf1 : succès et limites de l'exercice

Dans l'émission "j'ai une question à vous poser" lundi 19 février, Ségolène Royal a répondu sans ciller et convaincu beaucoup de monde. A vrai dire, une émission de ce type n'a guère valeur de test que sur un point : la personnalité et en particulier la pugnacité.

Lire la suite

mardi 20 février 2007

Pour JP Rosenczveig, Royal a (presque) tout bon sur la délinquance

Avec quelques bémols instructifs, le président du Tribunal pour enfants de Bobigny approuve les propositions de Ségolène Royal et souligne la cohérence de sa démarche. Comme d'habitude un très bon billet du juge Rosenczveig, Réaction à show

Déchiffrer le chiffrage de l’UMP

Afin de détourner l'attention du discours-programme de Ségolène Royal à Villepinte, ici, la droite a déclenché le débat sur le chiffrage. Le stratagème a pour l'instant réussi : alors que l'attente était élevée, les médias n’ont que très peu parlé des différentes propositions et se sont focalisés sur le chiffrage global.

Lire la suite

Royal assure contre Bayrou l'imposture

Médecine, par Renaud DELY Cet éditorial de Libération rappelle opportunément que François Bayrou ne pourra conserver un groupe UDF à l'Assembleé qu'avec le soutien de l'UMP. Son numéro est donc de l'esbroufe.

lundi 19 février 2007

Vaincre Sarkozy, maintenant

"L'ensemble de la gauche doit penser au second tour et ne pas se tromper d'ennemi.", ou en quoi Sarkozy emprunte autant à Thatcher qu'à Berlusconi.

Clivage et expertise

Deux billets remarquables de Thierry Pech ; sur le clivage gauche droite, et en prolongement, sur la question de l'expertise, "la démocratie est un scandale".

Ségolène doit-elle nous séduire ?

Réflexion sur Ségolène et les médias, par Judith Bernard.

Le manifeste de Voter à gauche

La critique est connue : cette campagne ne se joue que sur la forme, et jamais sur le fond. Si tout le monde s'en défend, on ne retient cependant que les dysfonctionnements, tandis que les vrais enjeux sont chassés par une actualité toujours plus pressante et une mémoire à chaque fois plus courte.

Or, la capacité d'un Président de la République ne se juge pas à la qualité de sa communication : on ne vote pas pour une équipe de campagne ! Pourtant, cette année il semble que la campagne nous échappe pour se perdre dans des questions de personnes, comme elle nous a échappé en 1995 avec la rivalité parodique Chirac - Balladur, ou en 2002 entre "l'escroc et le facho". Nous avons de la mémoire, suffisamment pour nous souvenir des effets de la politique menée depuis 2002, et pour savoir que les choses auraient pu être différentes...

Nous voulons aujourd'hui en appeler aux électeurs de gauche. Voter, ce n'est pas se laisser intoxiquer par des campagnes négatives, ni confondre la politique avec une partie de petits chevaux. Nous sommes capable de lire les programmes, de juger de la crédibilité de ceux qui les portent, et de voir clairement les enjeux, au delà de l’esbroufe. Et nous connaissons les contraintes d'un système électoral bipolaire dont certains croient pouvoir s'extraire à chaque élection, pour se voir rappeler brutalement à la réalité.

Nous croyons que le choix électoral à une valeur, et nous sommes persuadés que le clivage gauche droite maintes fois décrié n'a pas perdu toute signification, bien au contraire. Education, fiscalité, immigration, justice, politique étrangère, sécurité, travail : sur tous ces sujets, le clivage reste fort. Nous voyons dans cette campagne un choix de société, mais encore faut-il le distinguer en connaissance de cause, au delà des enjeux de personnes.

Nous n'avons pas envie de nous retrouver le 6 mai dans une France sarkozyste et n'avoir d'autre choix que de reprocher à la candidate du PS de n'avoir pu faire "une bonne campagne". Cette élection nous appartient, et rien n'est encore joué.

Nous faisons appel à nos amis électeurs de gauche, de toute la gauche, aussi bien pour participer et écrire pour ce site que pour tenter de convaincre ceux qui croient à l'effacement magique du clivage droite gauche.