Après cette très longue campagne, et malgré les émissions télé, radio, les interviews dans la presse, les programmes sur internet, tout ce flux d'informations que Le Monde est censé recueillir, structurer et transmettre, Colombani n'a pas encore pris le temps de comparer les deux principales options. Peut-être parce qu'il ne lit que Le Monde comme le suggère Schneidermann. Pourtant, il appelle tout de même à un second tour Royal-Sarkozy. Le rôle du journaliste devrait être de clarifier les enjeux et les choix auxquels sont confrontés leurs lecteurs. Ici, les enjeux sont éludés au motif qu'il sera temps d'en parler plus tard. Colombani, en ne se prononçant pas pour un des deux projets dont il souhaite la confrontation, ne peut que contribuer à brouiller le débat et accrédite l'idée populiste que Royal et Sarkozy auraient des intérêts commun.
Joffrin souhaite l'alternance à gauche. Et il fait la différence entre la pose et la volonté et la possibilité réelle de conduire le changement social :
Qu'importe, dira-t-on. Le changement, nous l'aurons avec Bayrou. La victoire du centriste créerait une rupture décisive dans la vie politique. Mais quelle rupture ? Une meilleure gestion du pays, peut-être, une équipe nouvelle, sans doute, un président tolérant, certainement. Les centristes y trouveront leur compte. Mais la gauche ? Certainement pas. Le rejet des élites, du système, du microcosme, en un mot toute cette rhétorique maintes fois utilisée dans l'Histoire de France ne conduit jamais à une politique de gauche. Le changement social avec Jean Arthuis, comptable aimable aux idées courtes ? Le changement avec Charles-Amédée de Courson, réac champenois bien connu ? Le changement avec ces députés UDF qui ne peuvent espérer retrouver leur siège sans l'appui de l'UMP ? Ségolène n'est pas assez à gauche, votons plus à droite : telle est la logique baroque qui préside au raisonnement des «bayrouistes» de gauche.
C'est pourquoi Joffrin votera Ségolène Royal :
Alors que c'est l'esprit de décision et la sensibilité au pays qui comptent. Sur ces deux chapitres, Ségolène Royal a montré qu'elle égalait sans peine ses adversaires. Cette femme saura décider. Que demande le peuple de gauche ?
Commentaires
1 Par Antonin, le 21/04/07, 15:14
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