mai 2007 - tous les billets
mercredi 30 mai 2007
Par Guillermo, le
mercredi 30 mai 2007
:: Brèves
Woerth ou l'art difficile de se renier - il n'avait pas compris qu'il y avait encore une élection à gagner ! Ce qui donne quelque chose de très élégant, pour expliquer que non, finalement, ce n'est pas à partir de l'An I du 6 mai 2007 qu'on fera des économies d'impôts, mais bien tous les ménages qui remboursent un emprunt sur leur résidence principale :
"Le président s'est exprimé hier. (...) Les choses sont très, très claires", a-t-il dit à l'issue du conseil des ministres. "On verra sur les précisions", a-t-il ajouté."
On reparlera aussi du plafond, mais après les législatives, parce que 7 millions de ménages concernés ça risque de coûter cher aux finances publiques !
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mardi 29 mai 2007
Par Smith, le
mardi 29 mai 2007
:: Brèves
Cela reste la meilleure trouvaille de l'UMP : dans un marché où la très forte hausse récente des prix a été nourrie par une offre notoirement plus élevée que la demande, proposer une mesure coûteuse qui stimule la demande et donc renforce la hausse des prix... De façon peu étonnante, ce sont les professionnels de l'immobilier (banques, agents, notaires) qui se réjouissent de la nouvelle, comme nous l'explique cet article du Monde :
"C'est une vraie bouffée d'oxygène dans un marché qui s'essouffle", se félicite Me Catherine Carély, notaire dans le Val-de-Marne.
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lundi 28 mai 2007
Par Dan, le
lundi 28 mai 2007
:: Voter à gauche
"La gauche a perdu la bataille des idées"... voilà un refrain qu'on entend beaucoup, beaucoup, depuis la fin de la présidentielle. Incapable de "rénover" son corpus idéologique, la gauche (archaïque, forcément archaïque) aurait été vaincue par la "droitisation" du pays finement anticipée par un Sarkozy dorénavant hégémonique. Sombre tableau... Personnellement, je dois dire que ce type de discours commence à me courir, d'abord parce qu'il relance une énième fois un énième débat creux sur la "modernité"/"non modernité" de la gauche (le terme de "modernité" n'étant évidemment pas explicité dans ce type d'énoncés), et surtout parce qu'il masque la vraie bataille, bien perdue celle-là. Pour le dire de façon abrupte, ce n'est pas d'idées "modernes" dont la gauche a manqué (il y en a à profusion), mais de deux choses : un appareil partisan discipliné et mobilisateur d'une part, et un appareil puissant de maîtrise des flux de communication et de traduction des dites idées.
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Par Smith, le
lundi 28 mai 2007
:: Brèves
Edit :
En ce lundi de Pentecôte, Notre Président j'invite les retraités ayant voté pour lui Sarkozy à se lever tôt pour aller travailler... "Bougez-vous un peu les vieux ! La solidarité ce sera pour dans cinq ans..." aurait-il rajouté de source proche
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dimanche 27 mai 2007
Par Smith, le
dimanche 27 mai 2007
:: Voter à gauche
Injuste et inefficace : le débat sur le système de franchises sur les soins que le gouvernement Fillon veut instaurer est loin d'être clos. Martin Hirsch, qui a accepté d'être solidaire de la politique gouvernementale, va rapidement être mis devant ses propres contradictions tant le système proposé est contradictoire avec ses propres recommandations en matière de santé et de lutte contre la pauvreté.
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samedi 26 mai 2007
Par Smith, le
samedi 26 mai 2007
:: Brèves
C'est sur la couv' du magazine Challenges :

Ils doivent lire nicoshark. A moins que ce ne soit le contraire...
Dans la même veine : des hommes et des femmes de gauche se sont vu proposer de participer à l’effort de redressement avec des hommes et des femmes de droite
. L'auteur se demande sérieusement Et si Sarkozy mettait fin à deux siècles de guerre civile en France ?
. Ce n'est pas Brave Patrie mais chez koz...
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vendredi 25 mai 2007
Par theo, le
vendredi 25 mai 2007
:: Brèves
Sarkozy est décidément toujours aussi fort pour anesthésier les critiques et faire passer les vessies pour des lanternes.
A 24 heures d'intervalle, on apprend d'une part que le nouveau président a placé des hommes à lui à la tête de tous les services clef de police, et qu'il promettait "une démocratie exemplaire".
Cherchez l'erreur.
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jeudi 24 mai 2007
Par Guillermo, le
jeudi 24 mai 2007
:: Brèves
On touche le fond : qu'on nous dise que 60% des Français veulent une majorité UMP, pourquoi pas ; mais qu'on fasse déjà une étude sur le "style" du nouveau Président, c'est vraiment du foutage de gueule. Etrangement, cela donne quelque chose comme :
54% des sondés estiment que la manière dont le nouveau président de la République exerce sa fonction est "très différente" de celle de ses prédécesseurs et 33% "assez différente".
Avec tout le recul nécessaire, bien sûr. Et dans la série "la question n'influe pas sur la réponse, pas du tout" :
Quelque 67% des sondés estiment que Nicolas Sarkozy a raison de vouloir mener "toutes les réformes en même temps car il ne faut pas perdre de temps", 32% estimant au contraire qu'"il a tort car il est plus efficace de mener les réformes les unes après les autres".
Tout d'un coup, ou les unes après les autres ? Pot d'huile de ricin ou demi-dragée Fuca pendant 5 ans ? Hum.
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mardi 22 mai 2007
Par Smith, le
mardi 22 mai 2007
:: Brèves
Ouvrir le débat sur la rénovation de la Gauche, c'est ce que propose de faire ce nouveau blog à tendance social-démocrate (ou "gauche du réel"). Un premier billet revient sur les causes de la défaite :
Le Parti socialiste traverse une crise profonde et ne remplit plus les deux fonctions traditionnelles d’un parti politique. Il n’a plus d’idées, ou si peu. Il ne gagne les élections que par rejet de l’adversaire, et non par adhésion aux valeurs qu’il défend.
Crise des idées. L’unité idéologique de façade issue des tractations de congrès n’est pas porteuse d’une vision du monde. Nous ne traçons pas de chemin, nous ne dessinons pas de voie française dans la mondialisation. A force de ne pas trancher, notre ligne politique se voit réduite au plus petit dénominateur commun. Or, aucune ambition collective ne peut germer sur le terreau des contradictions. (...)
Crise des idées donc, mais aussi crise de fonctionnement des instances dirigeantes du parti. « Durer plutôt qu’agir », voilà le mot d’ordre qui les caractérise. Elles se résument bien trop souvent à un patchwork des courants et sous-courants nés des conciliabules de nos congrès et de leurs petits secrets. Pas de commentaire. Ou si, un seul : le mode d’organisation de notre parti empêche de penser, de décider, bref, de gagner.
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Par theo, le
mardi 22 mai 2007
:: Brèves
Le directeur-adjoint de la campagne présidentielle de Sarkozy, Laurent Solly, qui vient d'être embauché par le groupe Bouygues, va devenir n° 2 de TF1 (directeur-général adjoint).
Finalement, le directeur du JDD avait raison : pas besoin de censure, il suffit d'avoir des patrons de presse qui agiront en "leur âme et conscience". Nous voilà rassurés.
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Par Smith, le
mardi 22 mai 2007
:: Voter à gauche
Je sais que certains de mes amis me reprochent ce nouvel engagement. A ceux-là, je réclame crédit : mes idées et ma volonté restent les mêmes. S'ils me prennent un jour en flagrant délit de renoncement, je leur demande de me réveiller.
Il faut lire la courte tribune de Bernard Kouchner dans Le monde. Il y explique simplement pourquoi il a accepté : la politique extérieure n'est ni de droite ni de gauche ; c'est en homme libre et déterminé qu'il accepte sans renier ses engagements socialistes ni ses idéaux de solidarité. Qu'on le juge sur les résultats.
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lundi 21 mai 2007
Par Smith, le
lundi 21 mai 2007
:: Brèves
Jean-Pierre Jouyet va se rendre compte que son boulot consiste à défendre la position de Nicolas Sarkozy sur les Affaires européennes. Cet article du nouvelobs.com rappelle que Nicolas Sarkozy s'est engagé à arrêter les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne. Le bizutage du nouveau Secrétaire d'Etat à Bruxelles doit être une épreuve difficile :
Jean-Pierre Jouyet s'est montré laconique lors d'une conférence de presse en marge d'une réunion des ministres de la Compétitivité de l'Union européenne à Bruxelles. "La position du président de la République est parfaitement claire et nous savons les échéances qui nous attendent et nous y travaillons", a-t-il déclaré à cette occasion. Prié, à plusieurs reprises, de dire si cela voulait dire qu'un veto serait opposé, il a répété cette formule et a expliqué: "Je n'ai rien à ajouter, rien à ajouter".
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Par theo, le
lundi 21 mai 2007
:: Voter à gauche
Alors que ce qu'on pensait être une gueule de bois s'est plutôt transformé en maladie du sommeil, l'enjeu des législatives se rapprocherait dans une atmosphère de résignation. C'est du moins le point de vue de certains politologues. La stratégie de Sarkozy pour démobiliser les partis de gauche semble porter ses fruits. Mais prenons un peu de hauteur et rappelons-nous que le Parlement que nous allons élire va légiférer jusqu'en 2012.
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vendredi 18 mai 2007
Par Smith, le
vendredi 18 mai 2007
:: Brèves
Hughes se pose la question de la schizophrénie de Nicolas Sarkozy (et de la sienne), qui arrive à réconcilier l'hommage à la résistance et la récompense de la traîtrise.
Trahi par un « camarade » de pacotille, le jeune communiste assassiné est effectivement l'admirable archétype de ceux qui, sans avoir le goût du sacrifice, acceptent de prendre les risques que la plupart d'entre nous fuiraient. Le dénonciateur du « Nécoconservateur bushiste à passeport français » passerait plutôt, de son côté, pour la caricature du félon médiéval ; sa capacité à changer de cheval au milieu du gué en disant long sur la profondeur de ses convictions.
En les honorant l'un et l'autre, le résistant et le traître, Nicolas Sarkozy ne m'aide pas beaucoup à trancher dans la conversation schizophrène que je mène avec moi-même depuis son élection, à la recherche d'indices sur la tournure que prendra son mandat.
La cohérence se situe certainement au niveau de la recherche systématique de la confusion. Une politique-pétaudière en quelque sorte...
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Par Dan, le
vendredi 18 mai 2007
:: Voter à gauche
Depuis l'annonce de la composition de la gouvernement à 10h ce matin, mon poste de télévision n'a cessé de retentir de soupirs d'extase et d'exclamations viriles. Ah, le beau gouvernement, ouvert et divers, mais si compétent et resserré en même temps ! Je m'autoriserai ici à proposer une grille de lecture légérement différente : la créativité débridée du Président Sarkozy, quelques jours après la politique du bras d'honneur, invente maintenant le gouvernement-pétaudière (n.f. :"lieu où règne la confusion"). En effet, un examen rapide de la composition de ce nouveau gouvernement montre une forte hétérogénéité, reflet de toutes les stratégies, parfois contradictoires, mises en oeuvre par notre nouveau Président. Il permet aussi de dissiper quelques illusions quant à la fameuse "rupture" promise.
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Par Smith, le
vendredi 18 mai 2007
:: Brèves
Dans ce billet, Richard Robert décrit les partis politiques comme de grandes bureaucraties qui n'arrivent pas à recruter les meilleurs, d'où le terme de "médiocratie" :
Dans ces conditions, Mattozzi et Merlo établissent que le jeu des recrutements entre partis et organisations concurrentes favorise au sein des partis une homogénéité qu’ils nomment médiocratie, tandis que les autres organisations recruteront un personnel plus différencié, au sein desquels se retrouveront à la fois les moins bons et les meilleurs.
De plus, le fonctionnement interne de ces organisations où la performance individuelle est difficile à mesurer, ne favorise pas l'efficacité collective :
Le talent du groupe n’est pas la somme des talents individuels : chacun sait qu’un groupe d’individus hautement qualifiés peut obtenir des résultats médiocres et dans un monde politique où chacun consacre son énergie à disqualifier ses concurrents, il arrive même qu’une coalition de talents supérieurs obtienne des résultats négatifs.
Difficile de ne pas y voir une allusion à l'état actuel du PS...
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Par Guillermo, le
vendredi 18 mai 2007
:: Brèves
Arno Klarsfeld n'est pas parachuté, la preuve :
«C’est ridicule, je ne suis pas un expert du 12e arrondissement mais je suis Parisien», affirme le très médiatique avocat, avant de préciser, pour attester de sa connaissance de cet arrondissement du sud-est parisien: «Je l’ai traversé quand j’ai couru le marathon de Paris».
On attend Delphine Batho et "je connais Melle, j'ai bouffé deux fois chez Ségolène, avec du Chabichou même."
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mardi 15 mai 2007
Par Guillermo, le
mardi 15 mai 2007
:: Voter à gauche
Il ne fallait pas tenter la synthèse entre les gauchistes et les socedems ; Smith le rappelle clairement, et chaque jour dans libé nous voyons les partisans de la "modernisation" et ceux de "la gauche décomplexée" s'accorder au moins sur ce point. Seul problème, ils ne sont d'accord que la-dessus, ce qui illustre rétrospectivement un certain mérite de la synthèse : le choix était encore impossible.
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Par Guillermo, le
mardi 15 mai 2007
:: Brèves
Le ménage de printemps semble en cours au palais de l'Elysée. Par ici la sortie pour l'ensemble du personnel de maison, qui ne se retrouve pas à la rue, mais reclassé dans divers ministères. Les Sarkozy viendraient avec leurs propres gens et auraient demandé, étant en charge d'une famille nombreuse, que l'effectif de l'époque Chirac soit doublé.
Encore la presse gauchiste. Ah mais n'allez pas critiquer, hein ! Et alors, quand on a une famille nombreuse et qu'on travaille dur, on a pas le droit de se faire payer des gouvernantes anglaises par l'Etat ? Vous préférez qu'ils foutent la merde à l'école comme les enfants de vos amis vouyous et fraudeurs ? Allez, faut parler le Sarko maintenant !
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lundi 14 mai 2007
Par theo, le
lundi 14 mai 2007
:: Brèves
Rien de bien neuf, mais c'est un peu plus officiel lorsque c'est confirmé par des proches de Sarkozy (j'ai failli faire un lapsus et écrire "président".... heu... et meeeeerde) :
le dispositif de sécurité autour de Sarkozy sera renforcé, pour la seule et unique raison que... ça lui plait. Mais à quoi bon s'inquiéter, si ça se trouve ces policiers non plus ne coûteront "pas un centime aux français".
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Par theo, le
lundi 14 mai 2007
:: Brèves
C'est ce qu'ont vu et relatent deux journalistes du Monde qui connaissent par coeur la "cité des 3000" d'Aulnay où ils venaient, le 6 mai, pour la 20e fois en 18 mois. Des témoignages qui concordent malheureusement avec ceux de la place de la Bastille.
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Par theo, le
lundi 14 mai 2007
:: Voter à gauche
Une gauche morcelée, des clivages devenus flous, des transfuges à gogo, des références surréalistes.... La politique française reste lisible dans ses grandes lignes, mais jamais une campagne électorale et son résultat n'avaient donné une telle impression d'éclatement. Soumis à cette pression centrifuge inédite, il serait de bon ton de ne pas s'égailler aux quatre vents et de se concentrer sur nos dénominateurs communs.
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Par Smith, le
lundi 14 mai 2007
:: Brèves
Diagnostic intéressant de la défaite par le gauchiste Jacques Généreux, auteur du best seller "les vraies lois de l'économie". Evidemment il tire sa propre conclusion de ce diagnostic mais que l'on soit sur une ligne "gauche décompléxée" ou "gauche du réel", il se dégage un consensus pour dire qu'il a manqué une consistance idéologique dans cette campagne. (Il a probablement également manqué un appareil militant efficace pour porter cette idéologie et contester celle de l'adversaire.)
Nicolas Sarkozy a su manipuler le sentiment de dignité que confère aux sans-grade le sentiment d'être plus méritants que les assistés. Mais sa grande force a été de marier son idéologie avec un discours répondant exactement aux attentes de travailleurs exaspérés par les excès et les insuffisances du capitalisme libéral : il s'est montré comme le défenseur du pouvoir d'achat, comme le seul leader osant parler à nouveau de protectionnisme et comme le promoteur d'un Etat efficace au service du public
C'est donc aussi une demande de régulation politique du monde et de l'économie, aspiration de gauche s'il en est, qui s'est trouvée validée par les électeurs. Dès lors, la défaite de la gauche tient probablement plus au fait que cette aspiration ne s'est pas trouvée incarnée par la candidate socialiste, et à ce qu'aucune idéologie n'est venue invalider celle de l'individu méritant. Ségolène Royal ne s'est jamais posée comme la chef de file d'une gauche combattant une droite néolibérale. Loin de revendiquer une idéologie de gauche aussi consistante que l'était celle de Nicolas Sarkozy, elle a semblé à la remorque de son rival en ne parlant que d'ordre, de valeur travail et de refus de l'assistanat. L'impressionnisme, l'incohérence et l'instabilité de son discours économique et social ont fait le reste, face aux propositions extrêmement simples et jamais sérieusement contestées de son rival.
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samedi 12 mai 2007
Par Smith, le
samedi 12 mai 2007
:: Voter à gauche
La gauche et le Parti Socialiste ne pourront pas se passer d'une réflexion sur les causes de la défaite. On pouvait présager le bal des explications contradictoires : les archéos, dinosaurus, soutenant que si le PS avait perdu c'est que son programme n'était "pas assez à gauche" ; les sociaux-traitres soutenant que la défaite était due aux vieilles lunes gauchistes et à une conversion social-démocrate non assumée. Mais finalement, un certain consensus semble émerger et Hollande devrait servir de bouc émissaire, ce qui est en partie mérité : le problème est d'avoir voulu faire la synthèse entre les archéos et les sociaux-traitres. En voulant préserver la chèvre et le choux mais surtout son poste et ses chances d'investiture, Hollande a conduit le Parti Socialiste dans le mur. Les éléphants tirent aujourd'hui sur le chauffeur de l'ambulance en oubliant qu'ils ont embarqué volontairement sur ce manège.
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vendredi 11 mai 2007
Par Smith, le
vendredi 11 mai 2007
:: Brèves
Le parallèle de Daniel Schneidermann est amusant : du point de vue de la mythologie, les tribulations de notre président-élu ressemble beaucoup à l'apparation de Loft Story. Même sentiment que l'on est en train de changer d'ère, même fascination pour la transgression (Jusqu'où iront-ils ?). Une part de nous rejette toute cette vulgarité, mais l'autre part ne peut s'empêcher de regarder :
Toute réserve est condamnée d'avance : la transgression se nourrit de l'approbation populaire contre l'effroi des élites. Qu'on se souvienne de l'apparition foudroyante du Loft et du haut-le-coeur polyphonique devant tant de vulgarité affichée : c'est ce haut-le-coeur qui assura le succès durable de l'émission. La transgression a besoin de cet effroi, de la levée de boucliers des vertueux. Aussitôt qu'elle a allumé l'incendie, regardez-la se parer de son innocence effarouchée. Pourquoi devrais-je m'interdire de parler de nation, d'identité nationale ? Pourquoi devrais-je m'interdire d'appeler un voyou un voyou, et de dormir au Fouquet's ? Pourquoi devrais-je m'interdire de me reposer quelques jours avec ma famille dans mon yacht avec karaoké ? La transgression qui ne semble avoir pour but que de faire la une. Hier, des médias nationaux, et demain, si possible, celle de Time et de CNN.
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jeudi 10 mai 2007
Par Guillermo, le
jeudi 10 mai 2007
:: Brèves
Lassé de ces jeunes qui feraient mieux de bosser au lieu de tenter de renverser le gouvernement à coup de pavés ? Fatigué de ces gauchistes qui passent leur temps à épier l'argent des autres au lieu de penser à leur pays ? Une seule solution, la dénonciation !
C'était un communiqué du Ministère du Civisme et de la Dénonciation.
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mercredi 9 mai 2007
Par Smith, le
mercredi 9 mai 2007
:: Brèves
Ce n'est pas en sautant sur sa chaise en criant "Bad Godesberg !" "Bad Godesberg !" ou "social-démocratie !" "social-démocratie" que la gauche réussira à élaborer une offre politique efficace. Allegro Vivace prend certains lieux communs à contrepied : la gauche française n'a pas besoin de Bad Godesberg car elle n'a jamais été marxiste
:
Cette particularité de la gauche française a eu, à mon sens, deux conséquences qui expliquent les diffultés de la réforme aujourd'hui : une attention assez faible aux questions économiques et sociales, de la production et des rapports de forces sociaux qui animent la société, couplé à une absence de critique de l'Etat dans sa forme républicaine d'une part ; la glorification de la révolution - et le complexe qui va avec - plus perçue chez nous comme faisant référence à la réalité historique de 1789, 1848 ou de la Commune qu'à un hypothétique grand soir prolétarien d'autre part. Ces deux éléments sont profondément liés à l'absence d'un marxisme français. Et qui dit absence de marxisme, dit également absence d'une critique de celui-ci, qui a finalement enfanté les social-démocraties du Nord et du Centre du continent.
Lire le billet "une gauche décompléxée" chez Allegro vivace
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Par Smith, le
mercredi 9 mai 2007
:: Brèves
Nicolas Sarkozy aime les riches et les puissants, surtout ceux qui investissent dans les médias. Il aime la richesse ostentatoire. C'est son droit. Et puis, Nicolas Sarkozy tient pour l'instant sa promesse : Moi, ce que je propose c'est pire
. On reprochait à Chirac les suites à 3 000 euros la nuit ? Sarkozy choisit un Yacht à €193 431 euros la semaine pour son "ascèse". On reprochait à Chirac de ne prononcer que des beaux discours sur (la maison qui brûle
sans les faire suivre d'actes ? Sarkozy demande dès dimanche et avec autorité aux Etats-Unis de ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique
puis s'envole en jet privé pour Malte où l'attend une limousine et un Yacht de 60 mètres pour lui et sa famille.
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mardi 8 mai 2007
Par Guillermo, le
mardi 8 mai 2007
:: Brèves
Je veux leur dire que je serai le Président de tous les Français, que je parlerai pour chacun d’entre eux, et qu’ils peuvent donc d’ores et déjà fermer leur gueule. Je veux leur dire que ce soir, ce n’est pas la victoire d’une France contre une autre. C’est juste celle des vieux contre les jeunes qui vont se remuer le cul, je peux vous le dire. Il n’y a pour moi ce soir qu’une seule victoire, celle de la démagogie, celle des valeurs qui nous unissent, celle de l’idéal qui nous rassemble. Ma priorité sera de tout mettre en œuvre pour que les Français aient toujours envie de se mépriser, de se dénoncer, de médire ensemble.
Lire le début et la fin chez The Lazy Sunbather (II), via Rezo.
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Par Dan, le
mardi 8 mai 2007
:: Voter à gauche
Comme mon camarade Guillermo, je souhaite moi aussi présenter mes félicitations au nouveau Président élu. Ce qui me réjouit particulièrement est que le Président Sarkozy a su, dès les premières heures de son triomphe, inventer un nouveau style politique : on connaissait la politique de la main tendue, la politique du gros bâton... le Président élu Sarkozy pratique avec talent la politique du bras d'honneur. Cette politique, pour le moment essentiellement symbolique, a un principe très simple : faire une fois élu exactement le contraire de ce qu'on a dit, mais, contrairement à une tradition établie, ne pas chercher à le cacher, mais le revendiquer en souriant à pleines dents. Exemple : le candidat Sarkozy dit aux mineurs un certain samedi matin : "moi je ne bavasse pas dans les grands hôtels parisiens/je suis le candidat du peuple", le premier geste du Président Sarkozy (à haute valeur symbolique, donc) est d'aller passer la nuit dans une suite à Xmille euros au Fouquet's sous l'oeil gourmand des caméras.
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Par Smith, le
mardi 8 mai 2007
:: Voter à gauche
On redoutait les flics, un retour à la morale des années 60. Mais non, les premières images que nous propose la nouvelle droite décompléxée sont celles du fric : Fouquet's, Limousine, retraite à Malte sur un Yacht de 60 mètres. Beau symbole d'indépendance pour le président-élu, c'est le jet privé et le Yacht de Vincent Bolloré qu'il utilise pour cette retraite qui doit lui permettre d'effectuer une "ascèse".
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Par theo, le
mardi 8 mai 2007
:: Voter à gauche
La déception est logique chez toutes les personnes qui ont milité, il faut l'évacuer pour passer à autre chose, et l'évacuer passe par l'exprimer, comme Guillermo hier.
Oui, ça fait chier, oui c'est raide, de voir qu'après des mois de campagne le chiffre final est celui qui était annoncé depuis le départ (à quelques resserrements près en cours de route, jamais bien durables).
Toute cette énergie, passé à chercher, discuter, à développer des idées, des arguments (car sur ce site les arguments ont toujours eu le rôle principal, c'était notre motivation, ce fut notre ligne de conduite), a-t-elle été utile à quelque chose?
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lundi 7 mai 2007
Par Smith, le
lundi 7 mai 2007
:: Brèves
La gauche est aujourd'hui largement minoritaire. Certains diront que c'est de la faute de la candidate, d'une mauvaise campagne, des erreurs et des maladresses. Si on n'avait pas fait des erreurs, on serait peut-être en train aujourd'hui de célébrer un succès
dit Hollande dans une sorte de Mea Culpa en forme de commentaire sportif. Ces explications ne sont pas convaincantes. L'exemple du débat est révélateur : la plupart des observateurs s'accordent à dire que Ségolène Royal l'a dominé sur la forme. C'est bien sur le fond, que Ségolène Royal et le Parti Socialiste ont perdu la bataille. Encore une fois c'est Hollande (qui n'a pas peur des contradictions) qui le souligne : nous n'avons sans doute pas assez parlé de propositions concrètes.
Manque de propositions, manque d'idées simples à répéter tout au long de la campagne. C'est sur ce point qu'il faudra travailler pour espérer de futures victoires...
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Par Guillermo, le
lundi 7 mai 2007
:: Voter à gauche
53,2% pour Jean-Marie Bigard, l'identité nationale, le bouclier fiscal, le contrat unique et les réductions de service public d'impôts : on pourra pas dire que la France n'a pas choisi. Merci aux vieux et aux autres d'avoir pris la sage décision des réformes structurelles dont la France a besoin, entendez "les autres, pas moi". Bravo à Royal pour cette campagne perdue d'avance, et bon courage pour la suite, puisque "quelque chose s'est levé et ne s'arrêtera pas".
Reste les législatives, histoire de sauver l'honneur, et de ne pas laisser une trop grosse majorité à Michel Sardou.
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samedi 5 mai 2007
Par Smith, le
samedi 5 mai 2007
:: Brèves

merci sarah
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vendredi 4 mai 2007
Par Guillermo, le
vendredi 4 mai 2007
:: Voter à gauche
A ce rythme, faut-il sérieusement se déplacer pour aller voter, puisque les sondages nous disent ce qu'il va se passer ? Il ne s'agit pas de "casser le thermomètre", mais simplement de se demander quelles sont les capacités des citoyens et des médias à faire exister autre chose qu'une litanie de commentaires de sondages qui disent, en l'occurence, de mauvaises nouvelles. Jamais le degré de prophétie autoréalisatrice n'a semblé si élevé.
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Par theo, le
vendredi 4 mai 2007
:: Brèves
Les faits ont été rapportés dans Libération de ce jour, et maître eolas les commente ici. Cette médecin malienne venait en France en tant qu'invitée, tout à fait officilelle, à un colloque sur le Sida dont elle est une spécialiste. Les policiers n'ont fait, malheureusement, que suivre scrupuleusement ce à quoi le CESEDA (code de l'entrée et du séjour des étrangers) les autorise. Rappelons que ce code était l'une des mesures phares voulues et obtenues par Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur. "Tout devient possible"...
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jeudi 3 mai 2007
Par Smith, le
jeudi 3 mai 2007
:: Brèves
Il faut lire ce sondage second tour (Pointé par Daniel Schneidermann) qui montre que seuls les plus de 65 ans votent majoritairement Sarkozy alors que dans toutes les autres tranches d'âge, Royal est majoritaire. Evidemment, il faut prendre des précautions avec ce type de sondage : l'échantillon est relativement faible : 886 au total soit moins de 200 par tranche d'âge. Cependant la tendance est marquée : chez les plus de 65 ans, Sarkozy obtient 75% des intentions de vote, ce qui lui permet d'être majoritaire dans la population. Tout se passe comme si le slogan "travailler plus pour gagner plus" fonctionne chez ceux qui ne sont pas concernés ! Ce sont le retraités mais aussi les indépendants (Artisan, commerçant, chef d'entreprise) qui lui permettent d'être aujourd'hui en tête, soit ceux qui ne bénéficieraient pas de l'exonération des heures supplémentaires. Les employés (58%) et ouvriers (55%) donnent en majorité leur intention de vote à Royal.
Les plus de 65 ans n'ont que très peu accès aux sources alternatives d'information. Donc à vos téléphones, ou mieux rendez une visite à vos anciens (parents, grands parents, tantes, grandes tantes) avec votre exemplaire de Marianne, sous le bras...
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Par Smith, le
jeudi 3 mai 2007
:: Brèves
Toute la France de l’élégance et de l’esprit était là : Arthur, Magdane, Clavier, Rika Zaraï, Reno, Doc Gyneco... La France qui se tord de rire quand Bigard en chauffeur de salle s’exclame : « Moi aussi j’ai bourré Bercy et beaucoup d’autres choses ! » La France de la justice fiscale, dignement représentée par Johnny Halliday et Alain Prost. La France de la fidélité à ses convictions, avec André Glucksmann. La France qui n’a pas honte quand une ministre de la République accuse la candidate socialiste de « changer d’idées comme de jupes ». La France qui ose tout, comme disait Audiard. Celle des tontons flingueurs, des séries télévisées et des samedis soirs de TF 1, celle des nouveaux riches, des gros cachets et des stock-options, celle des parvenus qui se placent du côté du manche et montrent du doigt les resquilleurs du RMI. Nicolas Sarkozy les avait tous convoqués, ces héros de l’audimat, dimanche, dans un stade de Bercy « bourré » en effet, mais ivre surtout d’une victoire que l’on sent à portée de main. Et que fit-il, Nicolas Sarkozy, au milieu de ces pique-assiettes défiscalisés, de cette jet set gorgée de fric et de privilèges, et tellement fière de son inculture ? Il fit de la « morale ».
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Sur le même sujet : Votez Bigard ! par guillermo
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Par Smith, le
jeudi 3 mai 2007
:: Voter à gauche
Ségolène Royal a su garder sa capacité d'indignation intacte. Tant mieux. Nicolas Sarkozy veut des droits opposables pour tout - garde d'enfants, scolarisation des enfants handicapés, logement - mais ne propose pas de moyens supplémentaires : ni places de crèche supplémentaires (Je ne crois pas qu’on pourra couvrir la France de crèches
), ni logements sociaux (Le but d'un jeune qui commence dans la vie n'est pas simplement d'avoir un HLM, c'est d'être propriétaire de son logement
). Sur le premier droit opposable proposé par Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal répond avec justesse :
Les femmes vont aller devant le tribunal pour demander une place en crèche ? Soyez sérieux ! C'est ce que vous proposez, une société où il faut aller devant la justice pour demander une place en crèche ? Ce n'est pas ma conception de la société. Les femmes ont autre chose à faire que d'aller devant le tribunal.
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Par Guillermo, le
jeudi 3 mai 2007
:: Brèves
Cette étude minable du cabinet Rexecode a été enfin éventée ; pas besoin de parler du Medef, même si la formule fait mouche, pour voir à quel point ce torchon a été baclé sur un coin de table par un stagiaire partisan tandis que la direction entendait récupérer en commande publique les dividendes du mensonge institutionnalisé.
Même Bayrou, pourtant peu suspect de gauchisme, dénonçait à l'époque "des défauts méthodologiques rédhibitoires ", notamment la non-prise en compte de la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires annoncée par Nicolas Sarkozy". Et ne parlons pas des 15 milliards d'économies (soit la moitié) courageusement marquée comme "à préciser". "Merci Medef", vraiment.
(Dites le avec des sondages du Monde).
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mercredi 2 mai 2007
Par theo, le
mercredi 2 mai 2007
:: Voter à gauche
"Autrement", voilà un mot qu'on aura beaucoup entendu depuis le début de la campagne, de même que "changement", "rupture"... Gouverner autrement, Ségolène Royal s'en fait un véritable objectif si elle est élue, et elle a donné des gages solides en ce sens.
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Par Smith, le
mercredi 2 mai 2007
:: Brèves
Chez Allegro Vivace, une analyse comparée très pertinente des conceptions de la politique, du rôle de l'Etat, des valeurs et des idéologies de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Alors que Ségolène Royal met l'accent sur la méthode (Démocratie sociale plutôt que Social-démocratie) et entend renouveler les pratiques politiques, Nicolas Sarkozy joue le rôle de l'homme providentiel conforme à l'esprit de la Ve République et veut transformer le scrutin en plébiscite sur sa personne, incarnation des réformes sarkozystes :
Le rôle de l'Etat chez Sarkozy a lui aussi plus à voir avec de vieilles traditions françaises qu'avec le libéralisme adoptée ailleurs par les forces de droite. Il s'agit d'imposer par sa puissance la volonté populaire qui se sera cristallisée au moment de l'élection. L'identification entre le président-chef et l'action publique a un côté quasi bonapartiste : l'élection est perçue comme un plébiscite sur les réformes annoncées par Nicolas Sarkozy. C'est en substance ce qu'expliquait hier soir Valérie Pécresse dans Mots Croisés : les réformes seront appliquées parce qu'elles ont été annoncées, même si les corps intermédiaires s'y opposent. Conception diamétralement opposée à celle de Ségolène Royal. La démocratie n'est pas un mode d'organisation de la société, qui doit vivre de manière continue au sein de la société civile, mais un processus de choix d'options politiques à certaines périodes données. La méthode importe bien moins que le résultat chez Sarkozy. Cette absence de réflexion sur l'espace qui existe entre l'Etat et le peuple (perception très jacobine des choses) se retrouve d'ailleurs dans le leitmotiv préféré du candidat de l'UMP : "travailler plus pour gagner plus" qui occulte complètement la réalité des rapports de forces sociaux au sein des entreprises et les marges de manoeuvre et de liberté respectives des salariés et du patronat.
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Par Smith, le
mercredi 2 mai 2007
:: Brèves
Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de mai 68 doit être perpétué ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes.
C'est le même homme qui parle des "valeurs que la gauche a trahies" et se dit l'héritier de Blum et Jaurès. Puisqu'il semble apprécier l'histoire, Sarkozy devrait étudier celle de certains de ses proches collaborateurs et leur demander ce qu'ils faisaient à la fin des années 60. Que faisait, par exemple, Patrick Devedjian, Conseiller politique du Président de l'UMP? Et Claude Goasguen, porte-parole du candidat ?
Liquider Mai 68 ? Autheuil, que j'invite à organiser des soirées pour bayrouistes hésitants, se félicite de la stratégie de Nicolas Sarkozy :
Le coup est magnifiquement joué car ainsi, Nicolas Sarkozy attire à lui les réactionnaires de tout poil, nostalgiques de l'époque d'avant.
Merci Autheuil, il n'y a vraiment rien à ajouter.
Sûr de lui, Nicolas Sarkozy persiste sur une idéologie qui a conduit au nivellement, à la suppression des notes, à la suppression des classements
. Maintenant, je comprends pourquoi Le Point soutient Sarkozy : si les soixante-huitards reviennent au pouvoir et suppriment les classements, que vont-ils pouvoir publier à la place de leurs numéros spéciaux "Palmarès des Grandes Ecoles", "Palmarès des Hopitaux", "Classement des villes où il fait bon vivre", "Classement des collèges et lycées dangereux". Ils peuvent quand même pas faire des couv' sur Sarko toutes les semaines...Et que va devenir le classement des villes bastions de fonctionnaires ? Je comprends également les dirigeants de TF1 qui s'inquiètent pour leurs émissions "les 100 plus grandes boulettes", "les 100 plus grands fous rires", et "les 100 plus grands moments drôles"... Mais puisqu'on vous dit que Mai 68 a nivelé par le bas en supprimant les classements !
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mardi 1 mai 2007
Par Smith, le
mardi 1 mai 2007
:: Brèves
Le nouvelobs.com et Voter à gauche publient en exclusivité la lettre aux Français de Ségolène Royal. En tout cas, elle n'a
pas peur du combat politique :
Je sais que nous sommes nombreux, très nombreux, à ne pas vouloir que notre pays soit transformé en laboratoire d’un berlusconisme tardif qui va s’aligner sur les postures de Georges Bush. Je sais que nous sommes nombreux, très nombreux à rejeter la confusion des pouvoirs, la mise au pas des contre-pouvoirs, la soumission au pouvoir de l’argent.
L’égalité républicaine, c’est l’assurance donnée à tous d’un traitement impartial, indifférent à la naissance, à l’origine, à la fortune, au carnet d’adresses. Ce n’est pas l’exonération des droits de succession pour les patrimoines les plus riches, cette restauration des privilèges héréditaires de la rente contre lesquels, jadis, le peuple français fit une Révolution. Ce n’est pas la promotion de quelques uns sous prétexte de discrimination positive, qui assigne à l’origine et masque mal l’abandon du plus grand nombre. Ce n’est pas la remise en cause de la loi de 1905 pour mettre les religions dans la politique et la politique dans les religions, ce n’est pas l’instrumentation des communautarismes et des clientélismes.
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