Aujourd'hui, tant que nous n'avons pas choisi, il n'y a qu'une poignée de Français, par groupe de 980 et avant rectification savante et peu transparente, qui a effectivement donné son avis sur le résultat. Et s'il reste une raison de se déplacer, c'est que ce résultat couru d'avance risque d'en décourager plus d'un à aller voter, au point qu'il ne serait pas étonnant de voir une participation en deça des chiffres du premier tour.

Enfin, après ce débat amusant à suivre, et dans lequel Royal n'avait pas le rôle le plus facile, on se rend compte que la clarification que tout le monde espérait, en particulier ici, est enfin relayée partout. Même Colombani, dont l'indépendance demeure suspecte, considère qu'on a à choisir entre "deux France" , une certaine idée du libéralisme ou une conception matinée de social démocratie. C'est le moment de souligner que les mêmes français qui ont voté massivement contre une vision de l'Europe libérale en 2005 ne peuvent aujourd'hui attendre la sortie de crise à coup de "travailler plus pour gagner plus" et autres boucliers fiscaux, "en pire".

Il est encore temps de rappeler que la modernité se situe du côté d'un projet qui n'oppose pas solidarité et croissance, ni même entreprises et salariat, et qui donne enfin un place conséquente à l'écologie et au co-développement. Ce ne sont pas des considérations de boutiquier sur les heures sup ou les 35 heures, globalement appliquées partout depuis 10 ans et que personne - pas même le Médef - n'entend sérieusement remettre en cause qui doivent faire écran aux différences de projet de vie ; ce ne sont pas des lois répressives pour la télé qui vont tenir lieu de débat sur la justice, et ce ne sont pas des sorties mesquines sur la Turquie qui seront notre politique étrangère !

Nous ne savons pas combien il reste d'indécis, mais s'il faut s'arrêter de leur parler et de tenter de les convaincre parce que trois sondages nous expliquent que Sarkozy continue d'avoir l'air compétent à la télé, autant s'arrêter tout de suite de faire de la politique et laisser PPDA et Chabot décider pour nous qui doit squatter l'Elysée.