Hughes se pose la question de la schizophrénie de Nicolas Sarkozy (et de la sienne), qui arrive à réconcilier l'hommage à la résistance et la récompense de la traîtrise.

Trahi par un « camarade » de pacotille, le jeune communiste assassiné est effectivement l'admirable archétype de ceux qui, sans avoir le goût du sacrifice, acceptent de prendre les risques que la plupart d'entre nous fuiraient. Le dénonciateur du « Nécoconservateur bushiste à passeport français » passerait plutôt, de son côté, pour la caricature du félon médiéval ; sa capacité à changer de cheval au milieu du gué en disant long sur la profondeur de ses convictions.

En les honorant l'un et l'autre, le résistant et le traître, Nicolas Sarkozy ne m'aide pas beaucoup à trancher dans la conversation schizophrène que je mène avec moi-même depuis son élection, à la recherche d'indices sur la tournure que prendra son mandat.

La cohérence se situe certainement au niveau de la recherche systématique de la confusion. Une politique-pétaudière en quelque sorte...